La Lettre du Musicien n° 283 - Mai - 22/04/2003
Interview de Flavien PIERSON, directeur du label Intégral Classic et d'Intégral Distribution.

 Interview en anglais

Est-il aisé de produire un label de disques et d'en distribuer d'autres ?
Au départ, j'étais un producteur de disques. Mais comme bon nombre de responsables de petits labels, j'ai été confronté à la faillite de mes distributeurs successifs. Je suis donc devenu distributeur par la force des choses et, pendant quelque temps, j'ai sillonné les routes de France ! Notre réseau a fonctionné et des labels nous ont demandé de les distribuer à leur tour. La conséquence pour nos propres productions a été radicale : pendant un peu plus de trois ans, nous n'avons plus eu le temps de produire un seul disque !

Et aujourd'hui ?
Notre structure de distribution s'est bien implantée et nous avons suffisamment développé Intégral Distribution pour envisager à nouveau une production de 4 ou 5 disques par an sous label Intégral Classic. A notre échelle, c'est amplement suffisant !

Quel est le répertoire d'Intégral Classic ?
Au départ, je me suis intéressé à la musique française du début du 20e siècle et tout particulièrement au piano. Progressivement, des artistes nous ont proposé des projets qui ont enrichi notre catalogue comme l'intégrale des œuvres pour deux pianos de Poulenc par le Duo Benzakoun mais également la musique de chambre de Thierry Pécou par l'Ensemble Zellig et François Leleux. Bientôt, nous accueillerons des artistes comme le pianiste Irakly Avaliani, l'altiste Pierre Lenert, le Nonette Ad Novem mais également l'Ensemble Musica Antiqua Provence… L'important est de suivre des artistes qui s'investissent pleinement dans un projet musical, y compris dans tous les aspects liés à la promotion de leur disque !

Comment imaginez-vous l'avenir de la distribution pour un label tel que le vôtre ?
D'une part les grands réseaux tel que la Fnac et Virgin disent chercher le moyen de relancer le Classique mais d'autre part donnent l'impression de vouloir mettre en place à moyenne échéance une gestion à l'unité des références de chaque label. En clair, ils souhaiteraient idéalement n'avoir plus qu'un stock très limité et commercialiser toutes les références en disponibilité avant de payer les producteurs. Si c'était le cas cette situation, difficile pour les labels, ferait de nombreuses "victimes" parmi nous. Alors faut-il que les petits labels envisagent de créer leurs propres points de vente ?

 

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