|

INTERVIEW
DE
FLAVIEN PIERSON
par CONCERT
CLASSIC
Distributeur
de nombreux labels discographiques, Integral Music a lancé
en septembre dernier une saison de concerts à Paris, au Foyer
du Châtelet.
Elle
se termine les 7, 8 et 9 juin avec trois rendez-vous qui raviront
les curieux de répertoires rares et dinterprètes
souvent méconnus en France. Directeur dIntégral
Classic, Flavien Pierson détaille les raisons
de cette initiative, révélatrice des évolutions
de la vie musicale classique.
CONCERT
CLASSIC :
Pour quelles raisons avez-vous lancé
votre série de concerts au Châtelet ?
Quel bilan en tirez-vous à lapproche des trois derniers
rendez-vous
de la saison ?
Flavien
PIERSON :
Suite à des discussions entre Intégral et divers labels
que nous distribuons,
lidée est née du constat que limpact de
la publicité dans les magazines spécialisés
nest plus ce quil était les tarifs de
la pub non plus... Des labels étrangers
que nous distribuons ont du mal à faire connaître en
France les artistes
quils enregistrent. Lidée dorganiser des
showcases et des concerts
a fait son chemin et je me suis mis en quête dun lieu
disposant
dune bonne visibilité à Paris. A force de recherches
assez longues,
jai fini par trouver le Foyer du Châtetet, lieu que
Jean-Luc Choplin,
directeur du théâtre, avait envie de faire revivre.
Grâce au tarif raisonnable quil nous a proposé,
jai pu lancer mon projet dorganiser,
une ou deux fois par mois, soit des showcases, soit des concerts
payants.
Avec les labels, nous avons fait le choix de la première
formule, gratuite
cofinancée par les labels et Intégral. Nous
avons démarré avant lété 2010
avec deux ou trois concerts par-ci, par-là, sans annonce
spécifique
et le résultat na pas été très
satisfaisant. Le public a besoin de continuité,
de régularité. En septembre dernier nous avons donc
lancé une vraie saison.
Nous partions de rien, avec une grosse incertitude concernant le
public
(la salle contient tout de même 200 personnes). Dès
le départ le succès
a été au rendez-vous avec un concert de solistes de
lOrchestre de lOpéra de Paris
pour lequel nous avons refusé du monde. Par la suite, la
fréquentation
sest toujours maintenue à un bon niveau, avec
il est important de le souligner -
une fidélisation dauditeurs qui apprécient des
rendez-vous où lon mélange le jazz
et le classique (qui occupe toutefois 85% des programmes)
et de bonnes ventes de disques à la fin des concerts.
Vous
invitez des interprètes parfois méconnus en France,
mais vous nhésitez pas non plus à programmer
du répertoire rare.
Ce sera le cas le 7 juin par exemple avec des mélodies dHenry
Barraud
F. P. : En effet, il sagit dun concert coproduit
par le label Maguelone
(spécialisé dans la mélodie française
et les découvertes de toutes sortes,
surtout françaises) avec le baryton Didier Henry et le ténor
Christophe Crapez.
La soirée se déroule en fait en deux parties ; nous
entraînant dabord
dans lunivers sonore du compositeur belgo-canadien Michel
Lysight
avec la complicité du flûtiste Joseph Grau et du pianiste
Johan Schmidt,
puis dans un programme vocal avec des pièces de Barraud et
Donizetti.
Didier Henry, Paul-Alexandre Dubois et Christophe Crapez sont accompagnés
au piano par Nicolas Krüger. LEnsemble Musica Nigelia
conclura la soirée.
La découverte sera également de mise lors de la soirée
du 8 juin,
dédiée au label belge Le Chant de Linos, avec
la soprano colorature
Ana-Camelia Stefanescu et le pianiste Johan Schmidt dans un programme
Enesco,
De Zeegant, Dvorak. Cest le type même de programme rare,
quil sagisse des interprètes, inconnus en France,
ou des uvres,
pour lequel je sais pouvoir désormais compter sur les auditeurs
que nous avons fidélisés au fil des mois. Ils sont
curieux, ils apprécient aussi
le fait de pouvoir rencontrer les artistes après le concert.
La dernière soirée de la saison (9 juin) sera toute
pianistique,
avec deux artistes enregistrées sur Integral Classic, le
propre label dIntegral Music.
On y entendra Edda Erlensdottir dans Liszt, Schubert et Grieg
et Lisa Yui, pianiste américano-japonaise que nous venons
de produire
dans un CD Weber-Dussek (sortie courant juin) et qui interprétera
ces deux auteurs.
Quelles
sont le perspectives, les innovations de la saison prochaine ?
F. P. : Fin novembre, nous organiserons une sorte de «Festival
Integral Music».
Quatre ou cinq journées avec des concerts non-stop tous les
jours de 16 h à 22 h
(pour un tarif modique de 7 ou 8 euros par jour). Je peux dores
et déjà annoncer
que le pianiste Cyprien Katsaris sera présent, mais aussi
Raphaël Pidoux
et Emmanuel Strosser, lEnsemble Alqhai, jeune et talentueuses
formation
baroque espagnole qui a fondé son label et en est déjà
à son troisième enregistrement. Nous aurons également
du chant puisque lon retrouvera le baryton Didier Henry,
cheville ouvrière dune série dopéras
en un acte (dont Coscoletto dOffenbach).
Quant à la formule des rendez-vous mensuels, expérimentée
depuis la rentrée 2010
et qui a fait ses preuves, elle demeure pour le reste de la saison.
Propos
recueillis par Alain Cochard, le 20 mai 2011
|