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Les
deux uvres que nous offre cet enregistrement sont séparées
par plus d'un demi-siècle et procèdent d'esthétiques
antinomiques. Leur rapprochement peut surprendre. Il découle,
bien sûr, du libre arbitre des interprètes qui ont
souhaité nous faire partager leur coup de cur pour
ces pages. Essayons d'aller plus loin : interrogé, Jean-Jacques
KANTOROW parle des partitions avec les mêmes mots :
le violoniste en vante la "beauté de matière" ;
l'homme, lui, se dit sensible à la "jeunesse",
à la "sève qui coule", ainsi qu'à
"un peu de désordre", à une expression
"très éloignée de la sérénité" ;
ces uvres lui suggèrent l'image de compositeurs "qui
ne sont pas des personnages installés, qui n'ont pas pignon
sur rue"...
L'exceptionnel
talent de la pianiste japonaise Haruko UEDA a été
remarqué par Henriette PUIG-ROGET alors qu'elle enseignait
à l'Université des Beaux-Arts et de la Musique de
Tokyo. C'est sur ses conseils que la pianiste vient parfaire sa
formation musicale à Paris, auprès de Vlado PERLEMUTER
et Théodore PARASKIVESCO. Le Concours international
de piano Marguerite Long la consacre comme soliste en lui décernant
un prix en 1986. Sa passion pour la musique de chambre l'amène
également à explorer les possibilités qu'offre
le piano au sein d'un ensemble, démarche murie et approfondie
auprès de Christian IVALDI. Elle est ainsi la partenaire
de nombreux musiciens, dont Pavel VERNIKOV, Olivier CHARLIER
(violons), Bruno PASQUIER (alto), Tsuyoshi TSUTSUMI
(violoncelle), Michel ARRIGNON (clarinette). Depuis 1996,
elle produit et organise chaque année au Japon des séries
de concerts dans le cadre desquelles elle a invité à
deux reprises le violoniste Jean-Jacques KANTOROW ;
le présent enregistrement est le fruit de cette collaboration...
D'origine
russe, Jean-Jacques KANTOROW est né à Nice.
Il étudie la musique au Conservatoire de sa ville natale
puis entre au Conservatoire de Paris à l'âge de treize
ans et obtient un an plus tard un premier prix de violon. Entre
1962 et 1968, il remporte une dizaine de prix internationaux. Il
obtient une bourse de la Fondation Sacha Schneider en 1970. Avec
le pianiste Jacques ROUVIER et le violoncelliste Philippe
MULLER, Jean-Jacques KANTOROW forme un trio avec lequel
il remporte le Premier Grand Prix du concours de musique de chambre
de Colmar en 1970. Sa carrière de concertiste lui permet
de se produire dès le début sur les plus grandes scènes
internationales aux États-Unis, au Canada, dans les pays
de l'Est, en Inde, au Japon, en Afrique..., donnant plus de cent
concerts chaque année. Partout la critique est unanime :
"Jean-Jacques Kantorow est un grand du violon, un talent
époustouflant, le violoniste le plus prestigieusement original
de cette génération que j'ai entendu" (Glenn
Gould)...
Le programme du cd :
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