Lucien GUÉRINEL

LE TRIO DES AULNES :
Olivier CHAUZU piano
Jean-François CORVAISIER violon
Laurent LAGARDE et François ROBIN violoncelles

Il est des musiques faites de chair et de sang qui vous touchent en plein cœur et fouaillent vos entrailles. Des musiques humaines... trop humaines qui, telles de la lave en fusion, mettent vos sens en ébullition et que seule l’épure de leurs formes, l’élégance de leur style, l’évidence de leur discours permettent de fréquenter. Car on ne peut impunément s’approcher trop près d’un volcan en éruption au rique de s’y consumer. L’on ne peut en effet se «remettre» (s’abandonner) au feu de Dyonisos qu’avec la distance requise par Apollon  !
La musique de Lucien Guérinel est à cette aune : sa rigueur d’écriture canalise l’émotion à fleur de notes qui l’anime.

Cette musique donc, qui vous étreint, qui vous enlace à bras le corps, qui vous éblouit par ses fulgurances, qui vous brûle par ses cris de rage ou de désespoir (les chants les plus beaux ne sont-ils pas désespérés?), touche au plus profond par le cœur qui s’y dénude. Car cette musique vous parle les yeux dans les yeux... de vous, bien entendu, mais aussi du monde dont elle se fait l’écho. Elle est celle d’un homme, debout, qui refuse les compromissions, les modes et les idéologies désireuses d’hégémonie, celle d’un homme libre pour qui l’honnêteté (celle du créateur face à la création n’étant pas des moindres), l’engagement et la vérité ne supportent aucune altération. Pas étonnant que cette musique vous cingle comme le vent du large, vous questionne en vous renvoyant à vous-même...

« Lucien Guérinel a le génie des titres Ainsi, son Trio n° 1 ne fait, d'un mouvement a un autre, que s'améliorer. Si le premier mouvement semble encore pâteux, peut-être joué – ou conçu – trop lent, le second porte bien son nom, « En silencieux tumulte », avec son agitation fine, ciselée. Enfin et surtout, le troisième, lent, fascinant, voire hypnotisant, illustre exactement son titre – fabuleusement choisi pour lui « Clarté de songe ». Les tenues de cordes sont alors comme d'apocalyptiques évidences venant a l'esprit du dormeur. On dirait que le compositeur – et dès lors les interprêtes - – ne sont jamais meilleurs que dans les mouvements appesantis, chargés d'un programme subtil, mystérieux, éventuellement
triste. Le pianiste, quant a lui, domine tous les mouvements.
La lenteur, au sein de ses neuf mouvements, sied encore le mieux au Trio n° 2, à « Voix perdues » ainsi qu'a « Such a stuff » II s'agit à nouveau de plongées dans d'étranges abîmes. La robuste Suite en quatre se bâtit d'idées simples, formellement claires. Le premier mouvement compare les arpèges de cordes à vide d'un a ceux, plus complexes, de l'autre – c'est fin. À
l'évidence, Guérinel connaît les mouvements lents. II sait quoi y dire. »   Jacques AMBLARD (Le Monde de la Musique).

Programme du CD :

  Lucien GUÉRINEL
 
[1] à [5] TRIO n° 1 17' 37
[6] à [14] TRIO n° 2
Les Nouvelles Saisons
25' 00
[15] à [18] SUITE EN QUATRE 18' 44

Réf. 221.228

Livret : Français et Anglais
DDD - Durée totale : 61' 27''

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